Quand le baroque devient hip-hop : Locura électrise le Théâtre du Châtelet

Cinq danseurs hip-hop, un ensemble de musique ancienne, et la « Folia » cette danse de la fin du XVe siècle dont le tempo frénétique rendait soit disant ses interprètes à moitié fous. Mourad Merzouki et le Concert de l’Hostel Dieu signent ensemble Locura, un concert-performance qui clôture le deuxième jour du festival Les Folies Musicales, au Théâtre du Châtelet.

Les danseurs de la compagnie Käfig de Mourad Merzouki bougent se laissent porter par les airs baroques de Vivaldi ©Kopia

Tout rapproche ces deux ensembles, et pourtant rien ne les prédestinait à se rencontrer. D’un côté, le Concert de l’Hostel Dieu, qui cherche depuis sa création en 1992 à provoquer « la rencontre des esthétiques baroques avec des cultures et des artistes d’horizons divers ». De l’autre, la compagnie de Mourad Merzouki, qu’il a fondée dans les années 90 avec une ambition similaire : faire monter le hip-hop de la rue à la scène.

Après une première collaboration en 2018, ils se retrouvent ce printemps au Châtelet pour Locura, une nouvelle création qui prolonge leur dialogue entre les deux univers. Au centre : la Folia, ce genre phare apparu à la fin du Moyen-Âge au Portugal, rapidement répandu en Espagne, en Italie et en France. Danse populaire au départ, accompagnée de guitare et de percussions, son tempo était si effréné que les danseurs semblaient perdre la raison. D’où son nom. C’est aussi son caractère répétitif qui en fera une matière idéale pour la variation, à laquelle les plus grands se frotteront de Corelli à Bach en passant par Liszt et, bien sûr, Vivaldi. 

Baroque et hip hop se rencontrent sur scène ©Julie Cherki

Ce sont ses variations qui sont au cœur de Locura, aux côtés de L’Eraclito amoroso de Barbara Strozzi et d’autres compositions des XVIIe et XVIIIe siècles. Sur ces rythmes entraînants et presque frénétiques, toute l’exubérance de la musique baroque se transmet directement aux corps des cinq danseurs de la compagnie Käfig de Mourad Merzouki. Emportés tantôt par les staccatos des théorbes et des violons, ils laissent parfois leurs membres flotter librement, comme des drapeaux au vent. Un spectacle joyeux et insolite, qui remplit haut la main ses promesses.

Lieu : Théâtre du Châtelet, Grande Salle — 1, place du Châtelet, Paris 1er

Date : Jeudi 7 mai 2026 à 20h (représentation unique)

Tarifs : de 10 € à 35 € selon catégorie 

Festival : Dans le cadre des Folies Musicales du Châtelet 

Bord de scène : rencontre avec les artistes après la représentation du 7 mai (accès libre sur présentation du billet)

Réservation :chatelet.com